ESSAIS CLINIQUES

PARTITION:Evaluation de la prévalence de l’hypobétalipoprotéinémie familiale dans une population psychiatrique

 

Rationnel de l’étude

Les lipoprotéines sont impliquées dans le transport des lipides, incapables de circuler à l’état libre dans le plasma en raison de leur nature hydrophobe. L’hypobétalipoprotéinémie (HBL) est un trouble du métabolisme des lipoprotéines, défini par des taux plasmatiques permanents anormalement bas d’apolipoprotéine B (ApoB) et de LDL-cholestérol (LDL-C), sous le seuil du 5ème percentile de la population. La prévalence en population générale est estimée entre 1/1000 et 1/5000 individus (source : site Orphanet).

Certaines formes d’HBL sont associées à un syndrome de longévité et une protection cardiovasculaire en raison d’une exposition prolongée à des taux bas de LDL-C.

Cependant, si la réduction du taux de LDL-C  a fait l’objet de nombreuses études quant à son effet bénéfique sur le risque cardiovasculaire, d’autres études ont rapporté que des taux bas de LDL-C (naturels ou obtenus de façon artificielle par des régimes pauvres en graisse ou des traitements hypolipémiants) pourraient être associés à des symptômes psychiatriques (troubles psychotiques ou de l’humeur, agressivité, tentatives de suicide, etc.) ou à des performances cognitives altérées (en particulier le fonctionnement exécutif). Ces études ont conduit à des résultats parfois contradictoires, et le lien possible entre les taux bas de LDL-C et des symptômes psychiatriques reste à ce jour fortement débattu.

L’objectif de l’étude PARTITION est ainsi :

  •             d’estimer la prévalence des cas d’HBL (définie par un taux de LDL-C ? 0,50 g/L) dans une population psychiatrique adulte et pédiatrique, par un dosage biologique systématique incluant entre autres une EAL. Une biocollection du sérum (pour des      analyses de biomarqueurs et un diagnostic génétique des HBL) sera également constituée.
  •             de mieux caractériser les pathologies ou symptômes psychiatriques associés aux HBL, notamment en décrivant des dimensions particulières (impulsivité, troubles du comportement, gestes auto- et hétéro-agressifs, risque suicidaire, consommation de substances, etc.), par une évaluation prospective incluant le recueil de données sociodémographiques, anthropométriques, nutritionnelles, et le relevé des antécédents endocrinologiques, cardiovasculaires et psychiatriques (personnels et familiaux).
  •             d’évaluer, dans une étude ancillaire, les performances cognitives des sujets ayant une HBL comparativement à des sujets contrôles appariés issus de la même population psychiatrique, par une évaluation neurocognitive globale des fonctions exécutives et attentionnelles, et de la cognition sociale.